12 ans de défrisage

jeudi 20 décembre 2018

 © thedouxsalonmacon.com

Pendant 12 ans, j'ai défrisé mes cheveux à la quête d'une chevelure longue, lisse et soyeuse. Retour sur mes motivations.


Je voulais des cheveux lisses

La première fois que je me suis défrisée les cheveux, j'avais 10 ans. Ma voisine défrisait régulièrement ses filles et ces dernières avaient de longs cheveux, lisses et soyeux ; autrement dit, tout ce dont je rêvais. Car elles ressemblaient aux américaines que je voyais à la télé et que je trouvais magnifique. 

La vie de famille (série US)

Sister Sister (série US)

Les Destiny's Child (groupe de musique)

J'ai donc sauté le pas à 10 ans puis j'ai continué cette pratique jusqu'à mes 22 ans. Fini les peignes qui me faisaient pleurer, les cheveux secs et les tresses qui me donnaient la migraine. Pour moi, se défriser les cheveux était devenu un acte anodin qui me permettait d'avoir des cheveux faciles à coiffer et qui, pendant mon adolescence, rendait mes tissages ouverts plus naturels. Alors, toutes les 3 semaines, dès que les repousses commençaient à pointer le bout de leur nez, je re-défrisais. 


Je voulais des cheveux lisses... et longs

Sur la notice des défrisages, il était spécifié de ne pas remettre du produit sur les pointes déjà défrisées mais je le faisais quand même pour "une meilleure efficacité". Défrisage après défrisage, mes cheveux étaient, certes, lisses mais ne poussaient plus ; voire se cassaient énormément. Le mouvement "Nappy" est arrivé et je comprenais mieux les cheveux. J'ai compris qu'ils avaient besoin d'eau, de crème hydratante, de protéines etc. J'ai donc appliqué ces enseignements à mes cheveux défrisés et ils ont recommencé à pousser. 

Alors que mes cheveux ne dépassaient pas mes épaules, en un an, j'ai réussi à les faire pousser jusqu'au milieu de mon dos. Une victoire. J'avais les cheveux lisses et longs. Je pouvais faire des queues-de-cheval, plaquer mes cheveux sans difficulté, sortir en les attachant à la va-vite sans que cela fasse négligé et, tout le monde me complimentait. Mais ensuite ? Ensuite, rien. Peu à peu, j'ai commencé à me sentir esclave du défrisage. J'étais obligée de me défriser pour ne pas que mes cheveux se cassent et pour les garder raides. Ainsi, toutes les 3 semaines, j'appliquais la crème défrisante sur ma tête, le produit me brulait le cuire chevelu, j'avais des plaies mais j'avais pris l'habitude. 

Aujourd'hui, je veux être moi 

En 2013, le mouvement "Nappy" n'avait pas réussi à m'avoir. Toutes les idées reçues sur le cheveu crépu étaient ancrées en moi ; je trouvais donc les cheveux crépus difficiles à coiffer, rebelles et secs. Mais en 2018, après une grande période de remise en question sur moi-même, j'ai compris qu'en me défrisant les cheveux, je cachais ma vraie nature au même titre que les personnes qui s'éclaircissent la peau. Cette envie inconsciente de ressembler aux femmes blanches devait cesser et je devais réapprendre à me connaître. J'ai donc couper mes cheveux défrisés pour laisser vivre mes cheveux crépus dont j'ai longtemps eu honte et, aujourd'hui, je me sens libérée.

« J'ai compris qu'en me défrisant les cheveux, je cachais ma vraie nature au même titre que les personnes qui s'éclaircissent la peau »
  
Si je peux vous conseiller un film sur ce sujet, ce serait "Une femme de tête" sur Netflix avec Sanaa Lathan, qui m'a beaucoup fait réfléchir.



Restez vous-même et on se retrouve la semaine prochaine,
Sophie

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